“Blues”, Solo d’un revenant

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Titre : Solo d'un revenant
Auteur : Kossi Efoui
Langue originale : Français
Date : 2008
Genre : Récit

Le blues matérialise d’abord la solitude du père de Mozaya, l’un des meilleurs amis du narrateur de Solo d’un revenant. Cet Américain de souche africaine est arrivé à Gloria Grande en pèlerinage sur l’Ancienne Route des Hommes Esclaves et il a fini par y rester, avant de s’éloigner à jamais dans l’océan. Mozaya ne l’a pas connu.

Le blues est symbole de résilience, de création malgré la catastrophe. La figure du bluesman rappelle celle du narrateur.

L’écoute du blues propose aussi une propédeutique à la lecture et un rapport sensible à l’Histoire. Le père de Mozaya perçoit d’autres voix dans le chant, et il est ainsi touché par l’Histoire des oppressions en Amérique : il entend des bagnards, des esclaves en fuite, des Indiens exhibés ou chassés et des oiseaux migrateurs rapatriant les âmes des esclaves sans sépulture. C’est à partir des traces des violences laissées dans le blues qu’il accède à une vision prophétique du passé (Édouard Glissant).

Enfin, puisque selon le père de Mozaya : « on n’entend pas toutes les voix en même temps dans la même histoire », le blues incite à l’écoute des petites voix (dont l’écho se répercute parfois dans d’autres ouvrages, comme c’est le cas pour les « petites mères », les « filles touchées par l’ennemi », que l’on retrouve dans Io (tragédie)) et des traces des événements que le roman porte en lui.

Pour citer cette page : "“Blues”, Solo d’un revenant", in Lipotexte, URL: http://lipotexte.org/blues-solo-dun-revenant/, mis en ligne le 4 juin 2018, consulté le 18 juin 2019.