“Musicienne”, Le Chant de l’amour triomphant

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Titre : Le Chant de l'amour triomphant Песнь торжествующей любви
Auteur : Ivan Tourgueniev
Langue originale : Russe
Date : 1881
Genre : Récit

Le personnage de Valéria, dans la nouvelle de Tourgueniev Le Chant de l’amour triomphant,permet d’interroger à bien des égards la question de la pratique musicale féminine.

Dès l’incipit, Valéria est présentée comme une musicienne avertie mais dont la pratique demeure cachée. Elle joue du luth, chante même, mais son jeu demeure solitaire et secret. Sa pratique s’oppose à celle de Muzio, l’autre musicien de la nouvelle, qui jouera publiquement – devant Fabio et Valéria – du violon hindou. Après son mariage avec le peintre Fabio, elle semble même abandonner la musique. En revanche, c’est en sainte Cécile, en sainte patronne de la musique donc, que son mari entend la représenter. Mais Fabio ne parvient pas à achever son portrait ; en effet, depuis le retour de Muzio, la jeune femme n’est plus la même. Le désir adultérin qu’elle ressent pour le musicien ressurgit symboliquement dans cette incapacité du mari à figer les traits de sa chaste épouse en une icône saint sulpicienne, alors même que cette dernière est agitée par des pulsions érotiques pour un autre homme.

On aura donc noté que la jeune femme est invitée à poser en musicienne et non à faire état de ses aptitudes artistiques. Entourée par deux artistes, elle se voit réduite au rôle de muse.

Pour citer cette page : "“Musicienne”, Le Chant de l’amour triomphant", in Lipotexte, URL: http://lipotexte.org/musicienne-le-chant-de-lamour-triomphant/, mis en ligne le 21 février 2019, consulté le 21 mai 2019.