“Photographie (de guerre)”, Incendies

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Titre : Incendies
Auteur : Wajdi Mouawad
Langue originale : Français
Date : 2003
Genre : Théâtre

Dans Incendies, pièce écrite dans l’écho des guerres libanaises, Wajdi Mouawad questionne l’éthique de l’art, celle de l’artiste et celle du récepteur d’art. Il définit ce que l’art ne peut pas être grâce au personnage de Nihad.

Nihad, le fils qui, dès sa naissance, a été arraché à Nawal, est devenu « franc-tireur » à force de chercher du sens et de n’en pas trouver. Alors qu’un photographe de guerre tente de le prendre en photographie, il le blesse et lui explique qu’il est lui-même photographe de guerre. Il refuse la flatterie de l’homme à terre : ses photographies ne sont pas belles ; elles représentent des hommes qu’il a tués. Nihad s’empare de l’appareil photographique de l’homme, le fixe au bout du canon de son fusil et relie le déclencheur de l’appareil à la gâchette de l’arme. Il tire sur l’homme et le tue ; au même moment l’appareil se déclenche. Nihad multipliera ce type de clichés et imagine un talk show où il explique  dans un anglais largement mâtiné de français que chaque balle est comme un poème qu’il envoie au monde et dont la précision tue littéralement les gens. A l’inverse, pour l’arrière grand-mère de Nihad, l’écriture doit permettre « de casser le fil », de rompre l’éternel retour de la colère, avec ce qu’elle suppose d’incompréhensions et de violences. Elle doit suspendre le geste de destruction et permettre de se forger soi-même.

Pour citer cette page : "“Photographie (de guerre)”, Incendies", in Lipotexte, URL: http://lipotexte.org/photographie-de-guerre-incendies/, mis en ligne le 2 juillet 2020, consulté le 25 novembre 2020.